Pierre Diquelou Photographie
Démarche · Lire un visage en lumière

Une démarche.

Photographier, ce n'est pas représenter. C'est lire, et c'est écrire. Je lis le modèle devant moi, j'en retiens ce qui me paraît juste, j'écarte le reste. Ce que d'autres appellent défauts, je le nomme contexte, ce qui ne s'inscrit pas dans la lecture que je fais du modèle. Je ne le cache pas : je l'écarte.

Le clair-obscur est ma base. Une lumière qui ne montre pas tout. Une ombre qui ne dissimule pas, qui sélectionne. Cette manière de regarder traverse l'histoire de la peinture : Georges de La Tour et ses silences à la chandelle, Le Bernin et ses figures taillées dans le marbre baroque, plus près de nous Bill Viola et ses portraits filmés en très lent. Il m'arrive d'en sortir quand le projet l'appelle. C'est de là que je reviens.

La figure qui apparaît sur le tirage n'est pas celle qui se présente au miroir le matin. Elle n'est pas non plus une flatterie. C'est une figure perçue à travers un objectif, subjective, choisie, écrite, qui propose au modèle une lecture de lui-même qu'il n'avait pas encore vue. Le portrait n'est pas un document. C'est une écriture.

Je pratique aussi le coaching. Les deux gestes se nourrissent : lire un visage en lumière, lire une parole en séance, c'est le même type d'écoute. Je le mentionne ici seulement pour situer le regard qui prend la photo.